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Go Go Go -
The Genevan Heathen -
The Genevan Heathen est un ami de la famille ; tu vois cet oncle qui
n'est le frère de personne, que tu soupçonnes d'avoir serré ta mère en
1973 mais qui ramène les meilleurs cadeaux, qui lance toutes les
blagues interdites à table et te fait boire ta première bière ? OK,
c'est lui. Aujourd'hui
Tonton Heathen est triste. Il vient de se faire
plaquer. Que faire ? Go to the disco. D-I-S-C-O. Le chagrin est soluble
dans la sueur, c'est sur la piste qu'on trouve le réconfort : dans
l'essor des mélodies rédemptrices très
Elli & Jacno, dans ce break
mi-rappé, mi-chanté digne de
Début de Soirée, et surtout dans la fusion
de l'ensemble, absolument
Teki Latex.
06 //
Les Jouets
L'histoire d'une passion contrariée.
Teki, singer-songwriter, victime
de l'amour. Il fait tout pour elle ; elle ne se soucie que de ses
jouets. Le petit synthé chevreuil est trompeur, tout ça est tragique,
cette chronique quotidienne observée d'une plume aussi fine et
tranchante qu'un stylet. Les détails qui tuent fourmillent jusqu'au
carnage. Mais qu'est-ce que c'est au fait, ces jouets ? Hmm, un jouet
c'est évident, c'est une sucette à l'anis, elle-même un banana split.
Les poupées de son adorent. Vous voyez ?
07 //
Polo
Les kids ont besoin non pas d'une bonne guerre, oh non, mais au moins
d'uniformes et de drapeaux. D'étendards pop à quoi se rallier. En voilà
un, rayé polychrome et tissé de fils fluo. C'est du rap à message et le
message est : Les vêtements c'est important.
Teki Latex énonce les
règles vestimentaires du mouvement qui entoure
TTC, Institubes : Tous
en polo fluo, proposition d'uniforme pour une nouvelle génération,
preppy et rétrofuturiste imaginez une rave sur un 18 trous, menée par
un rappeur-chanteur disco qui déteste la boue et les teufeurs.
08 //
Invitation to Ooh Wee -
Gonzales -
Soyons techniques deux secondes, voulez-vous ? Donc,
Teki Latex entend
un morceau de baile funk, cette dance brésilienne adorée des branchés
du monde entier, qui sample une mélodie d'accordéon et trouve ça
magnifique. Car l'accordéon est un instrument à vent sans attaque, et
quand on en tire des micro-samples percussifs, l'effet produit est
assez spécial, un peu comme de se faire poignarder d'une main tendre.
Bref, tout ça est au service d'un morceau de R&B classique et
futuriste à la fois, avec
Gonzo au refrain, princien, et
Tekitek en
opérateur sadique d'un incroyable grand huit vocal. Hé, vous avez
entendu ce stupide à 1'21 ? Ce mot vaut cent punchlines.
09 //
Bonne soirée, enfoiré
Allez, lance le métronome. A chaque fois qu'on dit
Bonne soirée à
Gonzales, ce dernier meurt d'envie de répondre
Bonne soirée, enfoiré.
Ça rime tellement bien, c'est parfait. Et cette chanson c'est
exactement ça : une suite de couples parfaits enchaînés sur une
production parfaite, à la
Gainsbourg. On la lui demande tout le temps à
Gonzo, la production à la
Gainsbourg. Il a refusé jusqu'à maintenant,
se méfiant de l'écueil rétro, de la parodie, du vol d'aura. Mais,
incontestablement,
Bonne soirée, enfoirée a été composée à l'ombre
des oreilles en chou-fleur.
Gonzo semble nous dire : Le Gainsbourg
2007 c'est lui, le rappeur, là. Sur ce, allez, bonne soirée, enfoiré.
10 //
Disco dance with you
Remontons aux sources de la dance music :
Kano, c'est-à-dire 1980,
l'italo-disco,
Stefano Pulga, Luciano Ninzatti et
Matteo Bonsanto,
auteurs des immortels
It's a War et
I'm Ready. La bass music vient
de là,
Whoop There It Is de
Tag Team vient de là. Et
Teki ne voulait
pas faire du
Kano mais devenir
Kano, être
Stefano. Un
Stefano version
2006, polo fluo, berlingots, Ipod.
Gonzales et
Renaud Letang se sont
pris au jeu et, nouveaux
Edwards et
Rodgers, ont accompli la
métamorphose.
Disco Dance With You aurait pu faire danser
Tony
Soprano à 17 ans, mais ce sont les dancefloors d'aujourd'hui qu'il
emportera. Déferlante de joie pure.
11 //
The Ish -
Bitch Lap Lap -
Après les avoir longtemps raillés de loin,
Teki Latex s'en vient défier
les rockers sur leur terrain, dans l'arène du cuir et du riff, avec à
son bras, faisant claquer le fouet, une certaine
Bitch Lap Lap.
Bitch
Lap Lap ? Yep, pas morte.
Feist ressuscite son alter ego démoniaque (vu
pour la dernière fois aux côté de
Peaches), spécialement pour l'une des
chansons les plus folles de l'album. Dr.
Teki et Ms. Hyde se lancent
dans un furieux ping pong onomatopéique qui assume pleinement son
nonsense et parviennent à infuser un vrai sentiment d'urgence et
d'euphorie dans ce babil de belles syllabes.
12 //
Sac à dos
Un morceau de rap type
Anticon, c'est-à-dire expérimental, complexe,
okay, mais alors pourquoi est-il si accessible, mélodieux, puissant ?
Où sont les avalanches de casseroles ? Il y a du
Dose One dans le
feuilleté de voix aux débits concurrents, mais délesté du fardeau
bruitiste et propulsé dans une format hyper orchestrée, très loin de
l'esthétique 4 pistes lo-fi, histoire que ces techniques reçoivent
l'ampleur qu'elles méritent.
Teki Latex dédie
Sac à dos à quelqu'un
de très cher à son coeur. Révéler l'identité de ce destinataire, ainsi
que le sens de l'allégorie, serait absurde. Imaginez qu'il s'adresse à
vous. Oui, à vous, à toi qui doutes en t'endormant et te réveilles
plombée. Courage.
13 //
Crois en moi
Un morceau composé par
Tacteel et
Para One (alias
FuckALoop), arrangé
par
Letang et
Gonzales. Inspiré par la série
Lost mais accru d'aspects
heroïc fantasy, très
Neverending Story. Ça fait un peu peur, non ? Non,
c'est magnifique.
Teki Latex se dresse dans un tourbillon de synthés
Moroder, paladin resplendissant à cheval sur son ours polaire d'assaut,
tout à la fois notre futur, notre présent, notre étoile du dépassement
de soi, notre
John Locke à tous, échoués sur l'île opaque du monde
moderne, rescapés miraculeux des tentacules du destin.
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